Lettres: Remettre le casque de César à la bonne place

Affirmant que sa religion lui interdit de ne porter sur la tête rien d'autre qu'un turban, Baljinder Badesha, un motocycliste ontarien, veut être exempté de porter un casque protecteur.

L'avocat Julius Grey, vainqueur du kirpan à l'école, prétend que sa requête est fondée puisqu'il ne met en danger que sa vie. À l'objection d'un médecin selon lequel les accidents de moto sont onéreux pour la victime et pour la société, l'avocat répond ironiquement que la société devrait alors interdire le tabac. Je vous soumets, Votre Honneur, que si elle ne le fait pas, c'est parce que ce serait fichtrement compliqué. Elle a choisi d'éliminer le tabac par incitation et en certains lieux, non par coercition absolue. Elle interdit légalement par ailleurs la conduite, celle-là facile à contrôler, d'une moto sans casque protecteur.

Quant à «ma religion me l'interdit», sans en faire une querelle théologique, le Parlement devrait retirer de la Charte des droits la référence à «la suprématie de Dieu», reliquat intouché d'une société où l'État et la religion étaient en ménage, et ne conserver que la «primauté du droit», vraie marque d'une société laïque. L'histoire nous l'a appris, les religions ont tendance à faire dire n'importe quoi à Dieu. Je souhaite que la requête de ce sikh aboutisse à remettre le casque de César à la bonne place. Dieu n'en sera que mieux servi.

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