Lettres: Le mépris et la méfiance

La position de Victor-Lévy Beaulieu («La traîtrise de Pauline Marois», Le Devoir, 12 février) dénote du mépris et de la méfiance envers ses compatriotes.

Du mépris d'abord, puisque, au nom de la survie de la nation — mais est-elle vraiment menacée? —, il considère avoir le droit d'interdire aux jeunes l'accès à un savoir devenu aujourd'hui indispensable. De la méfiance ensuite, parce qu'il juge que la simple maîtrise de l'anglais provoquera chez les jeunes l'envie d'abandonner le français.

L'attachement des Québécois à leur culture et à leur langue maternelle ne tiendrait-il qu'à leur méconnaissance de la langue et de la culture de l'autre? Le propos de M. Beaulieu ne paraît pas si éloigné de la rhétorique d'une ancienne élite socioculturelle qui, naguère, préférait garder le bon peuple dans l'ignorance et l'incitait à rester dans ses villages pauvres et isolés.