Lettres: Ni Dieu ni maître

Réponse à Roksana Bahramitash (texte paru dans Le Devoir le lundi 31 décembre 2007) Cela me choque profondément que l'on tente de présenter le port du voile islamique comme un choix. Demander aux femmes qui ont combattu durant les 30 dernières années partout dans le monde pour que leurs relations avec les hommes deviennent égalitaires, donc plus humaines, plus susceptibles de retentir universellement, leur demander «de s'ouvrir» à ce qu'elles ont déjà rejeté, Dieu et maître, je trouve cela franchement offensant.

Je connais personnellement et j'ai croisé dans ma vie beaucoup de femmes de confession musulmane qui n'ouvrent pas la porte à quiconque se présente voilé chez elles parce que ceci ne se fait pas: on ne se cache pas lorsqu'on arrive devant l'autre. Dans plusieurs familles, y compris le père et les frères, on refuse le voile. En Algérie, en Tunisie et même en Iran (sous le shah), on a rejeté et ignoré le voile. Si on le revêt de nouveau aujourd'hui, c'est sous l'emprise de la peur et de menaces. Cela montre que la modernité et ses valeurs sont bien présentes partout dans ces pays où on affiche un monothéisme partagé par la majorité; en passant, c'est ce que le Québec affiche aussi.

Quant au mot d'ordre lancé pour le 8 mars, à savoir «Solidarité pour le port du voile islamique», je répondrais davantage à l'appel de Mohamed Lofti, lancé récemment dans ces pages à la suite de l'infanticide d'une jeune Ontarienne de confession musulmane: femmes du monde entier, retirez le voile, devenez libres. Il y a toujours quelqu'un qui profite de la domination des âmes, et ce n'est jamais un dieu.

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