Lettres: Tout ça pour... ça!

L'invitation au «coup d'envoi des fêtes du 400e anniversaire de Québec se lisait ainsi: «Laissez-vous transporter dans un univers imaginaire qui fera revivre 400 ans de notre histoire.» On pouvait donc s'attendre à ce que soit célébrée la commémoration de la fondation de Québec, «coup d'envoi» de la naissance de notre peuple et de sa contribution à la découverte et au développement d'une bonne partie du continent américain.

Sur un ton festif, bien entendu, on se devait de le rappeler ou de le faire découvrir dès le départ. D'autant plus que les résultats du sondage publié par Le Soleil, le 31 décembre dernier, illustrent éloquemment la confusion qui règne dans l'esprit de trop de gens sur la fondation de Québec et sur ses artisans, par conséquent sur la nature même des célébrations de 2008.

En fait, il semble qu'on nous ait plutôt conviés à «défoncer l'année à Québec», à une surboum techniquement éblouissante où s'alignaient comme des hors-d'oeuvre un pot-pourri de chansons sur Québec, un rap égrenant le chapelet de ses vénérables noms de rue, sans oublier l'exotique clin d'oeil à notre légendaire attrait pour le monde latino (sans sombrero cette fois), pour finir par une chanson en langue... anglaise. Bref, nous avons eu droit à un party plutôt qu'à une commémoration, sur une scène proportionnellement plus vaste que l'espace trop exigu réservé à une assistance qui s'y pressait avec enthousiasme et disponibilité.

On semble ainsi donner raison aux voix qui, ces derniers mois, se sont inquiétées de voir réduire à la portion congrue le rappel de notre passé et de ce que nous avons bâti ici. Nous avons pourtant raison d'être fiers — et de le faire connaître aux autres — de ce que la ville de Québec ait été le berceau d'une Amérique francophone dynamique et créative, et qu'elle en demeure le phare. Voilà les projecteurs qui sont restés éteints, voilà ce qu'on aurait dû entendre et célébrer avec faste à l'aube de 2008.

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