Salade hérouxvilloise

En cette fin d'année 2007, on constate qu'Hérouxville aura fait l'objet de bien des discussions au sein de notre toute nouvelle nation québécoise, mais surtout de moult propos plus ou moins savants de la part de la classe journalistique.

Afin de retracer les ingrédients nous permettant de mieux mesurer l'éclat et la justesse des propos de nos «papieristes», il serait de bon ton de leur offrir une salade de fruits hérouxvilloise dont les ingrédients représentent, le cas échéant, la mesure de l'un ou la démesure de l'autre. Bien sûr, la recette n'est nullement éprouvée car il faut bien conserver aux fruits leur véritable saveur. Par contre, il est fort louable de comprendre les subtilités du travail journalistique qui ont conduit Hérouxville aux portes des objecteurs de conscience.

Les avelines

L'avelinier produit des noix plus volumineuses que le noisetier. L'enveloppe de l'aveline est généralement plutôt grossière. L'avelinier peut servir de haie et d'écran brise-vent, mais exige indéniablement que plusieurs spécimens soient plantés pour assurer une meilleure pollinisation. Gesca et ses nombreux journaux, dont La Presse, aura bien mis en pratique cette recommandation, sauf que les abeilles disparaissaient des ruches aussitôt invitées à la fête hérouxvilloise de la pollinisation. Il est vrai que 2007 n'a pas été l'année des butineuses, ces dernières souffrant d'un mal incurable! Pourtant, deux régions furent épargnées: Trois-Rivières et Ottawa. Cindy Lévesque, Jean-Marc Beaudoin et Jean Roy (Le Nouvelliste), Denis Gratton (Le Droit), pour ne nommer qu'eux, ont fait un magnifique travail journalistique et ont été d'une honnêteté intellectuelle irréprochable. Il est vrai qu'ils n'ont pas le mépris tout montréalais des Pratte, Elkouri, Gagnon, Petrowski, Dubuc et tutti frutti dans leur sac d'engrais, ceux-là mêmes qui sèment parfois à tout vent!

Les cerises de terre

Les cerises de terre, appelées généralement cerises des sables, présentent une culture rustique, dite régionale. De saveur douce et agréable, ces petits fruits pourpres et violacés demandent à être mûrs avant consommation. Leur production exige donc des visites régulières au potager. Ce qui fut admirablement bien accompli par Les Hebdos Transcontinental, ceux-là mêmes qui n'ont jamais hésité à rencontrer leurs intervenants avant même d'émettre une opinion. Songeons ici à André-Anne Trudel, Marie-Ève Veillette et Bernard Lepage (Hebdo Mékinac des Chenaux). Leur disponibilité sert si bien les intérêts du journalisme régional.

La vigne

La vigne produit beaucoup de raisins, personne ne l'ignore. Leur variété est innombrable. Ces raisins aux teintes multicolores s'apparentent étrangement à ceux de la colère et de la dérision, terminant parfois leur vie dans des abaisses. Ce n'est pas de la tarte! On pourrait reconnaître ici certains «blogueux» s'abaissant à travers leurs cris alarmistes à ne générer que l'écho de leurs monologues blasphématoires. Le blogue Branchez-vous en est un bon exemple. Bien sûr, on ne pourrait passer sous silence l'incommensurable ego qu'expose à travers ses chroniques un certain Patrick Lagacé (la presse écrasant le raisin). Si la vigne ne vous inspire pas, rabattez-vous plutôt sur le potiron, image parfaite de nos généreuses créations Web «halloweeniennes», à défaut d'être hollywoodiennes. Sinon, si vous désirez vraiment joindre l'extase à l'ivresse, allez visiter les sites tels pointdebasculecanada.ca ou vigile.net, vous serez comblés par les débats qu'on y propose. Après tout, ne dit-on pas qu'Internet nous informe mieux?

Le bon chrétien

Pour ceux ou celles qui l'ignorent, le bon chrétien est une variété de poires. À se demander si ce fruit devrait composer notre salade! Soyons indulgents, nous laisserons le soin aux lecteurs et lectrices d'y attribuer une place au menu.

La fraise des champs

Ce fruit savoureux et juteux annonce un discours passionnel. Comme sa voisine la mûre et son compagnon idéal, le bleuet, ce fruit respecte un rituel de cueillette avant même d'en apprécier tous les subtils arômes. Un journaliste intelligent y a succombé: Richard Martineau. D'ailleurs, ses collaborateurs au Journal de Montréal, au Journal de Trois-Rivières et au Journal de Québec mériteraient que ce dernier en partage l'usufruit. Bien que consommé par ce petit peuple à la langue peu savante (telle qu'on la parle à TVA et TQS selon deux célèbres dégustateurs), la fraise des champs exige un sol régional. Avant de labourer leurs propres pages de leurs comptes rendus, les journalistes de Quebecor et Canoë ont bien pris soin de comprendre le principe de la nouvelle. Leur constant souci de s'abreuver à la source a porté fruit. C'est peut-être ce qui explique leurs reportages mesurés, mais surtout assez bien fouillés et articulés.

La pomme grenade

D'un rouge grenat, ce fruit possède des vertus thérapeutiques peu communes, dont celle de soulager votre prostate. Bien sûr, nous nous rapprochons ici des thérapies intellectuelles dont Le Devoir connaît si bien la recette. En passant par les analyses chirurgicales de Denise Bombardier, Stéphane Baillargeon et Michel David luttant contre Goliath, notre santé littéraire s'est rétablie. Après tout, le débat se doit d'appeler de nombreuses divergences d'idées pour faire avancer sa cause!

Messieurs dames les journalistes, l'introspection, la réflexion, l'analyse, la recherche, l'éthique et l'aller-retour aux sources sont tous des ingrédients appelant le succès de votre recette. Seul le fruit de vos efforts est garant du succès de votre produit. Ne vous inquiétez pas, vos lecteurs et lectrices en assureront la mise en marché.

Bon appétit!

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