Pour une politique nataliste

Il est généralement admis que la commission Bouchard-Taylor a été créée par le gouvernement Charest pour gagner du temps, pour éviter d'offrir une réponse durable à ce soi-disant problème des accommodements, raisonnables ou pas. Comme cela est défini dans le décret créant la commission, celle-ci doit formuler des recommandations au gouvernement visant à assurer que les pratiques d'accommodements reliées aux différences culturelles sont conformes aux valeurs de la société québécoise en tant que société pluraliste, démocratique et égalitaire.

Sur le site Internet de la commission, on peut lire l'approche privilégiée pour répondre à ce mandat: «La seconde façon d'aborder le mandat de la Commission consistait à voir dans le débat sur les accommodements raisonnables le symptôme d'un problème plus fondamental concernant le modèle d'intégration socioculturelle institué au Québec depuis les années 1970. Cette perspective invitait à revenir sur l'interculturalisme, l'immigration, la laïcité et la thématique de l'identité québécoise. C'est cette deuxième voie que la Commission a choisi d'emprunter, dans le but d'appréhender le problème à sa source et sous toutes ses facettes.»

Pas si compliqué

Justement, le problème à la source n'est pas aussi compliqué que ce que le technocrate Bouchard écrit. Il vient fondamentalement de notre déclin démographique, qui a cours depuis une cinquantaine d'années. C'est cette angoisse de se voir disparaître lentement qui nous rend si inquiets et anxieux face à l'avenir. Si nous avions un taux de natalité permettant une croissance naturelle de notre population, les soucis d'intégration des immigrants seraient bien moindres. Ces immigrants sentiraient d'emblée qu'ils arrivent dans une société saine et dynamique et le mélange se ferait

beaucoup plus naturellement et harmonieusement.

La commission, dans son rapport final, compilera énormément, analysera beaucoup, parlottera encore plus, mais je parie qu'elle ne voudra pas faire la recommandation impérative au gouvernement de mettre sur pied une politique nataliste. Seule une telle politique pourrait nous permettre de survivre comme peuple dynamique ayant la capacité d'intégrer. La commission ne fera pas cette recommandation par rectitude politique, par souci de ne pas remettre en question... les politiques sur l'avortement... la priorité du travail par rapport à la famille...celle de la liberté individuelle par rapport aux devoirs et obligations du citoyen. Le commissaire Taylor, bien qu'il soit un intellectuel de grande qualité, n'incitera jamais les Canadiens (je préfère notre nom original) à faire plus d'enfants. M. Taylor, en digne représentant des Anglos, ne permettra pas que la commission fasse la seule recommandation qui nous permettrait de gagner la bataille de l'assimilation.

Seul Dumont a compris

Seul Mario Dumont semble avoir compris l'urgence d'une telle politique nataliste. Il en avait fait une de ses priorités durant la dernière campagne électorale, bien qu'il n'en parle pas beaucoup depuis. Je ne crois pas que Pauline Marois aura la lucidité de mettre sur pied une telle politique. Son souci pour l'équilibre des finances l'emportera sûrement sur la mise sur pied d'une politique familiale, qui à coup sûr coûterait très cher.

Pourquoi demander aux immigrants de s'intégrer à nous si nous refusons la vie? Il n'y a pas si longtemps, on disait du premier ou du dixième enfant qui naissait qu'il était un don du ciel. Aujourd'hui, on se demande plutôt combien coûte cet enfant. Combien de nos soi-disant nationalistes ont-ils préféré leur petite personne et sont restés sans

enfant?

Aimons la vie et nous retrouverons ainsi confiance en nous-mêmes et dans l'avenir. Le 400e anniversaire de notre peuple ne serait-il pas une occasion appropriée de prendre ce virage essentiel?

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