Délice tricolore

Rechercher le plat national du Québec n'est pas de la tarte! C'est même faire la preuve qu'il peut être très compliqué de trouver une réponse à une question en apparence très simple. J'ai donc plongé dans les livres de recettes familiaux afin de trouver la réponse, une aventure gastronomique qui m'a fait saliver à chaque recette. Que de souvenirs sont reliés à la table!

Force est de constater toutefois que de nombreux plats ont le potentiel d'être candidats. La tentation fut forte de choisir la bien-aimée tourtière de ma mère. Mais étant donné que cette dernière n'est préparée que durant le temps des Fêtes, je ne crois pas qu'elle mérite le titre.

Les fèves au lard et la soupe aux pois furent aussi considérées. Mais puisque la plupart des gens préfèrent les déguster en utilisant l'ouvre-boîte et le four micro-ondes au lieu de laisser les fèves gonfler au cours de la nuit pour les faire mijoter ensuite pendant de longues heures, j'ai tendance à les reléguer au même niveau que la poutine. De plus, elles sont dégustées à la grandeur du Canada, ce qui m'a forcé à les éliminer de la course au titre.

Il en fut de même pour presque tous les délicieux plats principaux à une exception: le pâté chinois de ma grand-mère. Il faut croire que Claude Meunier fut visionnaire lorsqu'il donna à un personnage le don de réussir le pâté chinois! Je ne connais aucune famille québécoise qui n'ait jamais servi ce délice tricolore à l'heure du souper. Facile à préparer, même les plus nuls en cuisine peuvent apprendre les détails de sa préparation en un temps record. Polyvalent, il peut être préparé de multiples façons. Intemporel, il peut être servi été comme hiver.



Pâté chinois de grand-maman

Ma grand-mère préparait toujours son pâté chinois de la même façon. Il était toujours plus savoureux que celui de la voisine. Certains diront que le fait qu'il était mijoté avec amour en est la raison. Mais rien n'est plus faux: ma grand-mère possédait une recette secrète digne des plus grands chefs.

En effet, sous les «patates pilées» et le blé d'Inde en crème se cachait un mystère! Le steak haché n'était pas sec et rugueux en bouche comme dans la majorité des pâtés chinois servis dans ce monde. C'était plutôt une viande douce au palais qui fondait dans la bouche. C'était bel et bien du steak haché, mais il était toujours mélangé avec du jambon haché. Les deux viandes étaient combinées à quantité égale. Les restes de jambon cuit au cours de la semaine offraient un côté tendre et légèrement salé qu'il est impossible d'obtenir autrement. Le résultat était tout simplement indescriptible.

Le dessert national

[...] J'ai pensé aux biscuits à la mélasse, mais suis arrivé aussi à la conclusion que les quelques adeptes de ces derniers préfèrent se les procurer à l'épicerie plutôt que de les préparer eux-mêmes. Il y a toujours le pouding au pain, qui était fait à partir du pain

rassis, chose de plus en plus rare aujourd'hui avec

la venue des agents de conservation. Mais com-

me peu de gens le préparent de nos jours, je suis

tenté de l'écarter du titre. Loin devant tous ces derniers se trouve un plat qui pourrait être élevé au niveau de «roi des desserts». Et j'ai nommé: le pouding chômeur!

Lui aussi est de préparation simple et fut cuit au four par de nombreuses grands-mères. Sucré à souhait, il est disponible en quelques variantes et peut être servi en tout temps de l'année. Si la base est toujours similaire, la délectable sauce qui le recouvre et le transperce peut être adaptée selon le cas. Du pouding chômeur «de base» avec sauce à la cassonade, il peut être élevé au modèle «intermédiaire» en y ajoutant des raisins secs ou, à la variante «grand luxe», en y incorporant des noix de Grenoble coupées en deux. C'est un des rares desserts qui soit apprécié par petits et grands sans distinction et qui mérite d'être cuisiné plus souvent!

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