Lettres: Une consultation trop rapide

Stephen Harper et sa ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner, ont officiellement nommé Bernard Lord pour présider aux travaux de consultation sur «la dualité linguistique et les langues officielles». Le rapport est attendu à la mi-janvier 2008. La grande métropole de Vancouver, choisie pour une de ces consultations publiques, a tenu la première de ces rencontres où des «représentants communautaires» ainsi que des «experts» ont témoigné selon les volets proposés par cette consultation, soit les changements démographiques, l'économie et les nouvelles technologies ainsi que la modernisation gouvernementale.

Il faut certes applaudir au nouveau rythme que le gouvernement Harper commande pour avancer en matière de langues officielles. Mais qu'est-ce qu'une consultation dite publique menée à travers tout le pays peut vraiment accomplir en moins de six semaines, et ce, pendant la période des Fêtes? Notons de plus que les données de démographie linguistique du dernier recensement n'ont été divulguées que cette semaine!

Première observation: la première rencontre a vraiment été un huis clos. Personne à la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique ou à Patrimoine canadien ne savait où cela se passait.

Deuxième observation: non seulement c'était un huis clos, mais il est impossible de savoir ce que les 20 «représentants communautaires» et «experts» ont soumis comme mémoires, qui ils sont et comment ils ont été choisis. Il semblerait bien que ces participants ont eu accès à de l'information privilégiée avant même l'annonce de cette nomination pour être prêts. Comment fournir ses commentaires à titre de citoyen engagé si on n'a pas accès à ces renseignements?

Troisième observation cinq villes ont été ciblées pour cette «consultation». À 20 participants par ville, cela fait 100 mémoires à digérer avant de publier un rapport à la mi-janvier. Veut-on vraiment connaître l'avis des Canadiens sur les langues officielles si le rapport est attendu à la mi-janvier? Combien de Canadiens seront prêts à faire part de leur opinion dans de telles conditions?

Pourtant, la ministre Josée Verner a présenté cette consultation de la façon suivante: «Nous avons besoin de connaître vos idées et votre point de vue sur les enjeux relatifs à la dualité linguistique et aux communautés de langue officielle en situation minoritaire. Votre contribution est indispensable. Elle nous aidera à façonner notre stratégie et à guider nos prochaines décisions.»

Pourtant, la consultation parle de transparence, d'imputabilité, de redevabilité et de modernisation gouvernementale. Selon l'expérience de cette première consultation, qu'en pensez-vous?

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