Hors du marché, point de salut

Le Devoir, 10 mai: «Les Canadiens sont plus nombreux que jamais à souffrir d'obésité».
Le Devoir, 11 mai: «Bond de 19 % de la production porcine en 18 mois».
Coïncidence? Mais les deux faits n'ont rien en commun, voyons, la production porcine, c'est pour l'exportation! Principalement en direction du Japon...

Justement, le nombre de Japonais en situation de surpoids plus ou moins grave dépasse le quart de la population (25 %). Il doit bien y avoir quelques obèses parmi eux!

Curieux, c'est un problème qui n'existait pas chez eux il y a 30 ans. D'où ma question: qui a réellement besoin de tous ces cochons en plus?

Réponse: le marché.

Le marché a besoin de cochons qui engraissent rapidement, dans des «usines» où ils bougent le moins possible, pour accumuler au plus vite ce poids si lucratif qui les mènera à l'abattoir.

Le marché a aussi besoin de consommateurs qui bougent le moins possible par eux-mêmes, assis devant l'écran ou derrière le volant, comme il a besoin de consommateurs qui pensent le moins possible, sauf pour «avaler» son credo: hors du marché, point de salut.

Continuons d'obéir au marché, de lui graisser la patte.

Ainsi, nous connaîtrons plus vite le grand abattoir (ou pollu-oir?). Peu importe: de toute façon, le paradis du marché, c'est avant la fin de nos jours. «Réalisez vos rêves», qu'ils disent. Et pendant ce temps, eux, ils réalisent des profits.