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Libre opinion: Le recteur de l'UQAM se dissocie des propos de la directrice de la TELUQ

L'article consacré au projet de rattachement TELUQ-UQAM dans Le Devoir du 13 décembre, signé par Marie-Andrée Chouinard et Robert Dutrisac, contient l'essentiel de la proposition conjointe que la directrice générale de la TELUQ et moi-même sommes convenus de soumettre aux conseils d'administration de nos établissements respectifs. L'article est fort bien fait et résume bien les enjeux de ce grand projet.

Les propos attribués à ma collègue Anne Marrec dénaturent notre proposition et le projet TELUQ-UQAM et je veux m'en dissocier.

D'abord, le fait que, selon ce qui est cité d'elle, Mme Marrec aurait dit: «Ce qui m'a été proposé [en septembre dernier], c'était une OPA pilotée par le président de l'Université du QuébecÉ » Je tiens à dire que jamais, ni de ma part, ni de la part du président Lucier, il n'a été question de monter une OPA sur la TELUQ. Ces propos allégués sont entièrement faux et sont aussi très injustes pour le président de l'Université du Québec, qui n'a fait qu'accompagner, à notre demande d'ailleurs, la démarche liée au projet de rattachement TELUQ-UQAM. Une des premières choses dites à propos de ce projet, il y a déjà plusieurs mois, est justement qu'il n'y aurait de rattachement de la TELUQ à l'UQAM que sur la base du consentement mutuel des parties.

Le président Pierre Lucier a lui-même redit, dans son allocution de rentrée devant le réseau de l'Université du Québec en août dernier, les principes qui fondaient son appui au projet, qui sont tout à l'opposé de quelque projet de fusion ou d'OPA. Dans le cadre du rattachement à l'UQAM, la TELUQ va préserver son entité et sa dynamique spécifiques, codifiées et reconnues dans des instances et des dispositifs propres: il en va du développement du télé-enseignement et de sa mission, pour le bénéfice non seulement des deux établissements mais aussi des établissements du réseau et des régions. Voilà ce qui était établi alors, et voilà ce qui définit encore le projet de rattachement TELUQ-UQAM.

Le deuxième propos rapporté dont je veux me dissocier concerne la question des lettres patentes de la TELUQ. Mme Marrec et moi sommes convenus que cette question ne serait abordée qu'au terme du plan de travail que nous voulons proposer à nos deux communautés. Or je lis ceci dans l'article du Devoir: «La TELUQ conservera ses lettres patentes, a affirmé la directrice générale.» L'entente que j'ai faite avec Mme Marrec prévoit plutôt ceci: «Sur la base des conclusions favorables de ces travaux et participations conjoints, les instances conviendront du cadre juridique approprié de mise en oeuvre du rattachement TELUQ-UQAM.» Nous n'avons donc pas voulu régler d'abord cette question d'ordre juridique mais la réserver pour la fin du processus, car ce qui importe dans tout cela, c'est le développement de la mission académique en enseignement et en recherche-création. Les structures doivent être au service de la mission et non l'inverse. Je ne comprends donc pas comment cette question peut maintenant se retrouver dans l'article du Devoir, contrairement à notre entente, parce que, ce faisant, elle paraît être dressée comme une condition préalable au travail qui devra être entrepris.

Enfin, on peut lire que «la TELUQ projette de signer des ententes de collaboration semblables avec d'autres composantes de l'UQ, voire avec les autres universités québécoises». Soyons clair: le projet de rattachement de la TELUQ à l'UQAM vise à procurer à la TELUQ la masse critique d'étudiants, de programmes d'enseignement et de déploiement en recherche qu'elle ne peut pas trouver seule. Si le projet se réalise, bien des partenariats seront possibles avec les établissements universitaires, ici et à l'échelle internationale. Le projet prévoit par ailleurs comme une de ses bases constitutives essentielles et incontournables l'établissement d'une «convention de partenariat» avec les établissements du réseau de l'Université du Québec. Alors, quoi? Comment la TELUQ pourrait-elle proposer aux autres établissements des ententes semblables à celle envisagée avec l'UQAM? La TELUQ serait multirattachée, ses effectifs multipolarisés, segmentés, fragmentés? C'est à n'y rien comprendre et j'en perds mon latin, sans doute parce que je l'ai appris il y a trop longtemps... Non. Autant le projet de rattachement TELUQ-UQAM ouvert aux régions se fonde sur une logique raisonnable et saisissable pour tout le personnel et pour les étudiants, autant ce qui est évoqué dans l'article conduirait inévitablement le télé-enseignement à l'impasse, et la TELUQ avec lui.

Les faits étant rétablis, je souhaite vivement que le projet TELUQ-UQAM puisse enfin être mis en route.

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La revue de presse d'Antoine Robitaille

reviendra la semaine prochaine.