Pour continuer sa mission - «Fédérer» les activités de la Télé-Université

La Télé-Université (TELUQ) fait actuellement l'objet de plusieurs commentaires dans les médias. Comme directrice générale de cet établissement, je me dois, en premier chef, d'expliquer la situation.

Assumant depuis plus de neuf ans la direction de la TELUQ, constituante de l'Université du Québec spécialisée en enseignement à distance, je me suis, comme tout son personnel et ses syndicats, imprégnée de sa mission.

L'analyse du contexte actuel m'inspire les convictions et constats suivants.
- À l'heure où il va de soi que la performance des établissements universitaires se mesure à la qualité scientifique, pédagogique et technologique de leur enseignement, au rayonnement de leurs recherches, à la motivation de leurs étudiants et à leur efficacité administrative, la TELUQ est fière de ses résultats. En dix ans, elle a doublé ses effectifs et son budget est en équilibre. Cette performance nous a valu le respect, et nous en remercions tous les intervenants, internes et externes.
- À l'heure où le rayonnement international est une nécessité pour toute institution universitaire et pour ses étudiants, la TELUQ a depuis longtemps, grâce à l'effort commun, obtenu une reconnaissance à l'étranger. Il lui faut maintenant consolider celle qu'elle obtient de son propre pays.
- À l'heure où le e-learning met en évidence la valeur de l'enseignement à distance dans la nouvelle économie du savoir, la TELUQ reçoit de plus en plus de demandes pour de nouveaux programmes émanant d'une population adulte majoritairement féminine et active sur le marché du travail. Les étudiantes et étudiants viennent chercher, à notre université, la possibilité d'apprendre sans se déplacer sur un campus.
- À l'heure où toutes les universités, dans toutes les régions du Québec, doivent intégrer, dans leurs services de formation, l'enseignement à distance et les nouvelles technologies, la population québécoise devrait pouvoir recueillir le fruit de 30 ans d'investissements consentis à la TELUQ par des gouvernements visionnaires. On comprend que le recteur de l'UQAM, Roch Denis, semble partager ce point de vue. Nous espérons qu'il en sera de même pour toutes les constituantes de l'Université du Québec, notamment grâce au leadership éclairé du président de l'Université du Québec, Pierre Lucier. La TELUQ devrait y trouver son plein développement, l'ensemble du réseau de l'Université du Québec aussi. Les étudiants, surtout, en seront les premiers bénéficiaires.
- À l'heure de la mobilité des étudiants et de celle des contenus d'enseignement grâce à Internet, il faut maintenant penser à organiser la diplomation multi-institutionnelle. Le réseau de l'Université du Québec constitue un terrain privilégié pour cette approche, aussi bien au Québec qu'à l'étranger. Il s'agit d'une valeur ajoutée pour les étudiants mais aussi d'une occasion de tisser des collaborations en enseignement, entre les professeurs des institutions, à l'image des partenariats de recherche.

En définitive, placer l'étudiant actuel et futur dans une communauté intellectuelle souple et multiforme qui le rende apte à s'intégrer et à faire avancer le monde dans lequel il vit est un enjeu majeur pour l'éducation au XXIe siècle. C'est un objectif noble et incontournable. La TELUQ, avec son expérience d'université spécialisée dans l'enseignement à distance, et plus globalement l'Université du Québec, avec sa configuration en réseau, ont des atouts manifestes pour tenir compte de cet enjeu.

Le projet sur lequel les directions pédagogiques de la TELUQ et de l'UQAM se sont entendues cet automne est une illustration réussie de cette vision. Il faut donc maintenant l'opérationnaliser au plus vite. C'est dans cette optique que les deux chefs d'établissement concernés se sont entendus pour proposer à leurs instances une stratégie visant à fédérer leurs activités.