Lettres: Rabaska: un canot qui prend l'eau

Le gouvernement donne le feu vert à Rabaska? Il devrait plutôt mettre le canot en rade, débarquer son pesant bagage, respirer le paysage à partir des hauteurs de Québec et trouver le temps de sentir l'air du pays en faisant le tour de l'île avec Félix...

Laisserons-nous une poignée de commerçants, d'industriels et de financiers piétiner le coeur historique et identitaire du Québec avec leurs gros sabots argentés? Alors qu'aucune réflexion en profondeur n'a été effectuée pour définir une véritable stratégie énergétique québécoise? Alors que le gouvernement a déjà autorisé un premier port méthanier à Gros Cacouna? Alors qu'une étude (celle de Patrick Déry dont parlait Le Devoir du 24 octobre) laisse entendre que ce type de projet, loin de diminuer les émissions de GES, pourrait entraîner au contraire des hausses de la consommation de mazout et de gaz? Alors que le projet présente des risques pour la population immédiate en plus de rayer de la carte de précieuses terres agricoles? Alors qu'il est décrié par l'ensemble des écologistes et des spécialistes du patrimoine?

J'ai grand peine à penser que ce Rabaska pourrait aller de l'avant, s'amarrer aux rives du fleuve aux grandes eaux avec sa cargaison douteuse et défigurer un paysage connu dans le monde entier pour sa beauté incomparable. Rien n'est encore coulé dans le ciment; il faut changer le cap de ce triste bateau: qu'il aille s'échouer et disparaisse de notre écran radar.

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