Lettres: L'art de se tirer dans le pied

Après avoir lu l'article d'Yves Sabourin, de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, il n'est pas surprenant de constater toujours le même discours offensé, scandalisé, voire outré de la part de ces supposés purs et durs (où ça?) face à la performance de ministres aussi compétents que Joseph Facal, François Legault, André Boisclair et compagnie.

Est-ce que la bonne performance de ministres est maintenant condamnable? Sommes-nous rendus à souhaiter l'incompétence?

Il y a toujours des limites à être de la gauche, mais pas de la gauche destructrice. Ces purs et durs, comme vous semblez les interpeller (ça mange quoi en hiver, cette expression-là?), ce groupuscule a toujours été renversé dans leurs propositions lors des derniers conseils nationaux du Parti québécois et par une très forte majorité des délégués par surcroît. Il y a toujours eu des gens au Parti québécois pour nous diviser, nous diminuer, parce que ne répondant pas à leur façon de faire. Mais heureusement, ils sont une infime minorité.

Je me demande même si ces gens, qui critiquent tout le temps, ont déjà participé à une campagne de financement ou vendu une seule carte de membre. À les écouter, il me semble qu'ils ont complètement oublié que nous étions, lors du dernier référendum de 1995, à 40 ou 42 % des intentions de vote pour le OUI, avant que Lucien Bouchard n'intervienne et que, grâce à son charisme, nous venions près de gagner ce référendum avec 49,5 % des voix.

Ça, vous ne pouvez absolument pas le nier, M. Sabourin. Comme la politique peut être ingrate, inhumaine et traîtresse. Le gouvernement actuel vient de prouver hors de tout doute à la population québécoise qu'il pouvait gérer le Québec mieux que tout autre gouvernement de quelque parti politique que ce soit depuis des décennies. Quand on lit des articles comme celui qu'on vient de lire sur les personnalités de première ligne du Parti québécois, c'est Mario Dumont et Jean Charest qui doivent rire à gorge déployée.

Décidément, nous aimons ça, nous, au Parti québécois, nous tirer dans le pied.