Lettre adressée à Paule des Rivières - La culture et le Parti québécois: au-delà du mythe

Votre éditorial de la fin de semaine dernière au sujet de l'importance de la culture au Québec a soulevé chez moi bien des réflexions. Vous vous demandez si, au fil des ans, les gouvernements du Parti québécois ont négligé nos artistes et nos créateurs, une clientèle que nous jugerions acquise. Cette perception que vous avez est reprise de façon ponctuelle, selon l'humeur du temps. Mais qu'en est-il réellement?

D'abord, je reconnais que le Parti libéral a eu le mérite de faire adopter la Politique culturelle du Québec. Toutefois, il faut bien le dire, c'est le gouvernement du Parti Québécois qui, en grande partie, a déployé les moyens pour que cette politique prenne son envol, notamment grâce à des politiques sectorielles sur la lecture et le livre, les arts de la scène et les musées.

Comme vous le faisiez vous-même remarquer, c'est aussi le gouvernement du Parti québécois qui a procédé aux investissements nouveaux pour soutenir les créateurs et les organismes culturels, faisant passer les budgets du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) de 43 à 64 M $ depuis 1999. D'ailleurs, il est intéressant de noter que, lors de la création du CALQ, l'ex-ministre Lisa Frulla avait annoncé que le financement de l'organisme serait porté à 63 M $ au bout de trois ans. Or, cet engagement n'a jamais connu de suite, du moins au Parti libéral.

Au printemps dernier, nous avons investi plus de 80 M $ pour améliorer nos infrastructures culturelles: salles de spectacles, théâtres, bibliothèques, musées. À ces projets fort importants dans toutes les régions du Québec se sont ajoutés la construction de la Grande Bibliothèque et le projet d'un complexe culturel accueillant l'OSM et le Conservatoire de musique et d'art dramatique à Montréal. Aussi, notre patrimoine national et religieux a bénéficié d'un soutien financier particulièrement spectaculaire: 20 M $ durant la dernière année, 130 M $ depuis 1995.

Par ailleurs, plusieurs interventions, en apparence modestes, ont eu des effets tangibles en matière de culture. Par exemple, l'élargissement des crédits d'impôt à certaines industries culturelles (admissibilité des théâtres privés non subventionnés, nouveaux crédits d'impôt pour le cinéma format géant, etc.), la signature de dizaines d'ententes de développement culturel en région, l'adoption d'une stratégie de développement des ressources humaines en culture et la consolidation de la mission de Télé-Québec.

De plus, tous les engagements électoraux en culture formulés par le Parti québécois durant la campagne électorale de 1998 ont été réalisés — le soutien financier aux domaines de la chanson et du cinéma a été doublé, des efforts ont été réalisés en ce qui concerne la relève artistique et les créateurs en région, le moratoire sur la construction d'équipements culturels a été levé, un programme de restauration des oeuvres et collections nationales a été créé, le plan d'action sur la culture scientifique et technique a été déployé...

Au Parti québécois, la culture est au coeur du pays que nous sommes à bâtir; elle est au coeur de l'identité de notre peuple, au même titre que la langue française que nous veillons à préserver. Nous utilisons toutes les tribunes pour en faire la promotion — au Québec comme dans les forums internationaux — parce que nous croyons sincèrement que c'est ce qui nous caractérise. Et nous continuerons à le faire comme nous l'avons toujours fait, et pas seulement à l'aube d'une prochaine campagne électorale.

Bien sûr, beaucoup reste à faire. C'est pourquoi nous avons enclenché des travaux au sujet de la situation socio-économique des artistes, du soutien aux salles de spectacles, de l'évaluation des écoles de formation, de la concentration des médias et de la présence des arts à l'école. Par ailleurs, nous sommes en train de parfaire nos interventions en matière de patrimoine, de production cinématographique et audiovisuelle. Nous le faisons en collaboration avec les milieux concernés pour qu'ils puissent réellement apporter leur contribution.

Libre aux observateurs de conclure que le gouvernement du Parti Québécois n'a pas effectué les bons gestes en matière de culture, mais ils ne peuvent ignorer que nous ayons agi. Aussi, les meilleurs juges quant à la pertinence de nos actions sont les gens du milieu, ceux-là mêmes qui en bénéficient et qui, soit dit en passant, nous expriment régulièrement des témoignages de reconnaissance.

Au-delà du mythe et des perceptions, il y a la réalité.