La mission canadienne: géopolitique et enjeux d'acteurs?

Des désaccords ont récemment été relevés dans les médias arabes entre al-Qaïda et les talibans. Avec le retour du jeu tribal en Afghanistan, les talibans seraient en faveur d'un accord de paix avec le gouvernement pakistanais en ce qui concerne les zones tribales du Wazinistan tandis qu'al-Qaïda voudrait le renversement du président pakistanais Pervez Moucharraf pour faire du Pakistan sa base principale contre les croisés et Israël. Le Canada doit profiter de cette situation pour négocier avec le gouvernement afghan une intervention pacifique basée sur le développement soutenable, définis ici comme la réconciliation des dynamiques économique, sociale, environnementale, culturelle et spatiale.

Un scandale non médiatisé au sujet du Groupe salafiste pour la prédication et le combat qui, en janvier 2007, a changé de nom pour devenir l'Organisation d'al-Qaïda au pays du Maghreb islamique est aussi au coeur des différends qui opposent al-Qaïda et les talibans. Au cours de l'été 2006, les services de renseignement militaires russes ont révélé aux services de renseignement et de sécurité de l'armée algérienne le trucage par les services américains des systèmes de communication achetés aux États-Unis pour le compte de l'état-major de l'armée algérienne. Les valises de commandement permettant d'assurer la sécurité et de contrôler les communications militaires algériennes étaient en fait reliées en permanence aux systèmes de surveillance électronique américains et israéliens.

L'Algérie comme pivot au déploiement américain

Au Maghreb et au Sahel, l'Algérie sert d'État pivot au déploiement américain qui convoite les réserves pétrolières du Tchad, de l'Angola et du Gabon, considérées jusqu'à maintenant comme une chasse gardée de la France. C'est pourquoi l'entente de novembre 2006 entre la société russe Gazprom et la pétrolière algérienne Sonatrach équivaut à créer une «OPEP du gaz» à laquelle pourraient se joindre la Libye, le Qatar, le Venezuela et les États d'Asie centrale. Le Moyen-Orient voit ainsi se constituer deux camps: d'un côté, avec l'appui américain, l'Arabie saoudite, la Jordanie, Israël et le Fatah; de l'autre, l'Iran, la Syrie et le Hezbollah, auxquels la Russie brûle d'apporter son appui.

La fin de la guerre froide n'a pas mis un terme à l'antagonisme de blocs que le monde a connu de 1945 à 1990. Sur les cinq continents, Gazprom et Sonatrach sont devenus des acteurs incontournables des grands projets de gaz naturel. Aussi, lors de la réunion du G8 à Saint-Pétersbourg de 2006, Gazprom a obtenu l'approbation de construire avec Pétro-Canada un port méthanier à Cacouna, au Québec, pour desservir le nord-est des États-Unis. De ce fait, le projet d'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta ne résulte pas seulement de la géoéconomie du golfe Persique mais aussi d'une macro-géopolitique planétaire qui doit de plus en plus se combiner à la micro-géopolitique des ethnies, des religions et des cultures, attentive aux multiples fragmentations du monde et à leur inscription dans l'espace.

Désenclaver le pétrole de la mer Gaspienne

D'Israël à la Chine et de l'Iran à l'Inde en passant par le continent américain, l'Europe et le monde arabe, la gestion de la crise irakienne et du problème iranien déterminera l'avenir de l'alliance entre les États-Unis et la Russie sur la Tchétchénie et l'Irak. Le but de l'alliance est de désenclaver le pétrole de la mer Caspienne pour diversifier les sources d'approvisionnement et diminuer l'influence de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole sur les prix du brut. Dans le domaine des matières premières minérales et minières, énergétiques et non énergétiques, le Canada est sûrement la dernière chance de l'Europe, même si celle-ci est élargie à la Russie.

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