L'Outaouais, une solution qui nous plaît

Le 4 juin dernier, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Philippe Couillard, annonçait un investissement de 20 millions de dollars pour financer un certain nombre de mesures incitatives destinées à accroître l'accessibilité des soins en Outaouais.

La population et les médecins du Québec ne peuvent que se réjouir de la décision du gouvernement qui, finalement, reconnaît les besoins de la population de cette région et met en place des mesures concrètes pour régler les problèmes qui l'accablent depuis fort longtemps. La solution Outaouais nous plaît!

Elle nous plaît parce que les mesures ciblées qu'on applique aujourd'hui en Outaouais tiennent compte des problèmes et de l'environnement spécifiques de cette région. La solution Outaouais nous plaît aussi parce que les moyens proposés démontrent clairement que les mesures coercitives ne mènent à rien et que ce sont les mesures incitatives qui permettent d'aller de l'avant. Enfin, la solution Outaouais constitue un précédent qui pourra se répéter dans d'autres régions du Québec.

En effet, l'assouplissement des plans régionaux d'effectifs médicaux (PREM), l'octroi de bourses d'installation et de primes, l'ouverture de lits de convalescence pour désengorger les urgences, l'augmentation du nombre d'heures d'utilisation des plateaux diagnostiques et des salles d'opération sont des solutions adaptées à la réalité que vivent les intervenants en santé et la population de la région de l'Outaouais, notamment en raison de leur proximité avec les établissements de santé de l'Ontario.

Mais d'autres régions présentent des besoins criants et le gouvernement devra aussi y répondre le plus rapidement possible. Comment? En retenant les solutions les plus adéquates, en fonction de leurs besoins et en concertation avec les intervenants du milieu.

Assouplir la pratique des résidents

Dans ce contexte, la FMRQ croit que certains médecins résidents pourraient contribuer à accroître l'accessibilité des soins dans des régions en pénurie grave de médecins. En effet, un certain nombre d'entre eux, qui poursuivent leur formation postdoctorale dans une surspécialité, sont déjà certifiés en médecine interne et peuvent pratiquer partout au Canada pendant leur résidence, sauf au Québec.

Alors que le gouvernement du Québec propose d'offrir la possibilité aux médecins ontariens d'obtenir des permis de pratique pour prêter main-forte aux médecins du Québec, nos médecins résidents certifiés en médecine interne, déjà sur place, ne disposent pas d'un tel permis. Pire encore, ils ont la possibilité d'aller appuyer leurs collègues des autres provinces canadiennes, notamment en Ontario. Voilà une situation insensée, voire contradictoire. Mais elle peut aussi devenir une solution facile à implanter, que le gouvernement devrait examiner sérieusement et que le Collège des médecins devra faciliter, et ce, dans un avenir rapproché.

Dans le même ordre d'idées, nous croyons que la durée de la formation en médecine interne, tout comme celle des pédiatres, devrait être ramenée à quatre ans au Québec, comme c'est le cas dans le reste du Canada. En effet, cela permettrait d'accroître le nombre de médecins dans ces deux spécialités, d'autant plus qu'on note une pénurie grave de ces médecins spécialistes.

Alors que le Collège des médecins du Québec a harmonisé les examens de certification de 33 des 35 spécialités reconnues au Québec avec ceux du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, ne serait-il pas adéquat d'harmoniser aussi la durée de la formation de ces mêmes disciplines?

En tant que professionnels de la santé, les médecins résidents font partie de la solution, au même titre que leurs collègues médecins, les infirmières et les autres employés du réseau de santé québécois. À ce titre, nous réitérons l'importance de réunir tous les intervenants de chacune des régions au Québec afin qu'ils participent au choix des solutions adaptées à leurs milieux. Il n'appartient pas seulement au gouvernement de trouver des solutions. C'est en associant toutes les personnes concernées que les solutions les plus adéquates émergeront.