Lettres: Comment fait-on pour continuer à vivre ?

J'écris ceci parce que depuis la publication du rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC), j'ai de la difficulté à continuer à vivre. Depuis qu'on a mis des chiffres précis, implacables, sur l'horreur à venir pour les pays du Sud, mon inquiétude a pris le pas sur le reste de ma vie. En effet, ce rapport conclut que les pays du Sud subiront, sans toutefois avoir les moyens de les atténuer, les impacts biophysiques de la consommation incontrôlée de combustibles fossiles des pays riches (Le Devoir, les 7 et 8 avril 2007).

En fait, on nous annonce que l'équivalent de 12 fois la population du Canada devrait périr au cours des prochaines décennies puisque les pays africains, notamment, devraient consacrer entre 5 et 10 % de leur PIB pour s'adapter aux changements climatiques attribuables aux pays dits développés. Or ils n'ont pas cet argent puisque, en fait, ils crèvent déjà de faim et du sida.

Ceux d'entre nous dont le revenu est supérieur au seuil de faible revenu sont dans l'obligation morale de donner 1 % de leurs revenus à ceux qui aident l'Afrique ou qui travaillent pour prévenir les changements climatiques annoncés. Nous devons écrire, nous devons crier à notre premier ministre que la participation du Canada, notre participation, au chapitre des changements climatiques est insuffisante.

Sinon, nous ne sommes plus des êtres humains, nous sommes des êtres qui regarderons crever 400 millions de nos semblables.

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