Lettres: Attention aux Simard de ce gouvernement!

Lettre aux délégués au sommet sur les régions,

Réunis en sommet cette semaine, les régions devraient exiger des garanties sérieuses du gouvernement en ce qui a trait aux pouvoirs et aux ressources qui seront décentralisés. Ce que le gouvernement donne, un ministre comme Sylvain Simard peut le reprendre n'importe quand.

Un exemple récent: les Montréalais paient leurs taxes scolaires au Conseil scolaire de l'île à l'été, mais ces taxes ne sont versées aux cinq commissions scolaires que le 3 janvier suivant. Entre-temps, elles sont investies et rapportent, bon an mal an, dix millions, somme distribuée dans les milieux défavorisés.

Ce sont des Montréalais qui, depuis la création du Conseil scolaire de l'île, décident du mode de répartition de cette somme, après des débats vigoureux. Au cours de 25 des 27 dernières années, la décision en a satisfait certains, mais pas les autres. Depuis deux ans, le mode de répartition est adopté à l'unanimité.

Manifestement, il s'agit d'un vrai cas de décentralisation: un enjeu majeur, le pouvoir de décision et des ressources significatives.

Cela disparaîtra bientôt. Sylvain Simard a déposé un projet de loi prévoyant notamment (article 24 du projet de loi 131) que la décision sur cet enjeu sera dorénavant prise à Québec par le ministre de l'Éducation seul «après consultation des commissions scolaires de l'île»; le texte de loi précise aussi que le ministre «tient compte des analyses et recommandations du comité» (il s'agit du comité de gestion de la taxe scolaire).

Les Montréalais qui, hier, détenaient le pouvoir de décision le perdent: c'est le ministre qui décidera. Ils peuvent cependant se consoler: le ministre consent à les consulter et à recevoir leurs analyses. Réunis en sommet cette semaine, les délégués des régions devraient exiger des garanties sérieuses! Attention aux Simard de ce gouvernement!