Lettres: Déchéance ou évolution?

Dans l'édition du Devoir du 15 février 2007, Jean-Marc Léger signe une lettre où il dénonce la déchéance de la langue française particulièrement flagrante dans les médias, en prenant pour exemples les titres des fonctions qui «sont invariables en français», nous dit-il. Or, ne faut-il pas voir là une amélioration plutôt qu'une dégradation de notre langue? Arrimée à notre réalité sociale, la langue en traduit l'évolution, notamment en ce qui a trait au statut de la femme. La féminisation de l'appellation des fonctions a suivi l'arrivée des femmes sur le marché du travail et leur accès à des postes anciennement réservés aux hommes. Rappelons qu'à une époque pas si lointaine, les femmes portaient le prénom et le nom de leur mari, donnant lieu à des aberrations telles que «Madame Pierre Tremblay».

La mélancolie n'a pas lieu d'être ici, et il serait tout à fait anachronique de voir fleurir les «madame le maire», «madame le policier» ou, pourquoi pas, «madame le président». Si la langue française est, en effet, malheureusement trop souvent malmenée par les médias, on peut plutôt le déceler par l'utilisation de plus en plus fréquente de mots ou d'expressions provenant de l'anglais et qui remplacent des termes français existants — tel que week-end pour fin de semaine. La féminisation des titres, quant à elle, ne peut qu'être applaudie puisqu'elle reflète beaucoup mieux la réalité sociale actuelle.

À voir en vidéo