Lettres: «Charest, une belle machine politique!»

Un ministre de M. Charest a rapporté cette phrase de Jean-Pierre Raffarin en estimant vraisemblablement qu'il s'agissait là d'un beau compliment pour son chef. Quelle pitié que ces gens-là puissent avoir été élus sur des mandats de responsabilité, dans un Québec éveillé à la démocratie!

Être une belle machine politique en démocratie n'est sûrement pas une qualité qui reposerait sur la franchise de la pensée et la transparence. Duplessis et Chrétien ont sûrement été de très belles machines politiques dans ce sens-là, des fins finauds de la plus belle espèce. Chirac aussi, sans doute.

M. Raffarin, qui a été balayé de son poste de premier ministre en France par son ami Jacques Chirac parce qu'il n'aurait pas réussi à s'imposer, n'est pas très bien placé pour porter un tel jugement sur les valeurs démocratiques québécoises.

Au Québec, une machine politique, c'est un politicailleux, un fin finaud qui manie allégrement la démagogie, la restriction mentale, le mensonge et les fausses promesses. Il endort les électeurs et assure son élection. Son excuse, c'est que cela est nécessaire pour réussir. Il adopte la maxime machiavélique selon laquelle la fin pourra justifier ses moyens.

Chez nous, les nouveaux Québécois n'en veulent plus des fins finauds en politique, surtout depuis qu'ils ont goûté à René Lévesque, devenu objet d'admiration unanime, et ils le feront savoir clairement quand ils nous libéreront enfin des libéraux.

À voir en vidéo