Lettres: La fracture

Les programmes déjà connus de la prochaine campagne électorale au Québec laissent présager une sérieuse fracture intergénérationnelle, à moins qu'un des chefs, ou un des partis, ne se révèle suffisamment visionnaire, courageux et rassembleur.

Je suis moi-même un baby-boomer. Les baby-boomers ont investi énormément dans la société et en ont également retiré beaucoup, mais on dirait qu'ils résistent maintenant à lâcher le morceau et leur point de vue sur la société.

Je comprends que la thématique de la santé représente pour nous une préoccupation grandissante. Elle l'est sans doute pour tout le monde. Mais doit-on, avec Jean Charest, capitaliser encore sur la peur et les mêmes vieilles façons de faire les choses? Dans l'abondance, on a cru qu'on pourrait toujours se payer tous les traitements sans jamais vraiment investir dans des approches plus responsabilisantes. On a malheureusement entretenu des espoirs à bien courte vue chez nos concitoyens, qui n'ont cultivé que de l'attentisme envers l'État. Compte tenu de la part du budget que représente maintenant la santé — et on n'est pas sorti du bois si on persiste dans la même voie —, il me semble qu'on devrait remettre sérieusement en cause la pertinence de nos priorités passées.

Pour réussir l'intégration de ces priorités, il faut laisser les plus jeunes générations s'exprimer à propos de l'héritage qu'on va leur laisser, cela comprenant le fort endettement public, et interpeller notre habilité à partager avec elles. Voilà pourquoi la priorité de l'éducation s'impose d'elle-même. Il me semble en effet plus porteur et plus intégrateur d'éduquer les jeunes à prendre en charge de façon dynamique et innovatrice le développement de leurs compétences et de leur avenir, le maintien de leur équilibre, de leur mieux-être et de leur santé ainsi que l'établissement d'une société plus saine et productive.

La proportion de gens qui vont appuyer cette orientation nous parlera de la confiance et du respect qu'on entretient à leur égard. Par ailleurs, notre manque d'écoute pourrait aussi nous coûter cher comme société!

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