Lettres: Les meurtrissures de la démocratie

L'affaire Boisclair tourne à l'acharnement médiatique qui n'éclaire en rien les enjeux des prochaines élections provinciales et décourage les éventuels aspirants à des fonctions politiques.

On assiste au lynchage d'une personnalité qui n'a même pas eu l'occasion de faire ses preuves. Ses erreurs passées sont sans cesse ramenées sur la place publique, ses choix personnels ridiculisés, ses capacités intellectuelles, son jugement et sa sincérité mis en doute. Dans son propre parti, les tensions sont exacerbées par des membres qui ont fait leur temps et qui vivent sur des regrets ou des utopies. Le dénigrement est tel que mêmes ceux et celles qui lui ont fait confiance pour rajeunir le parti et tenir davantage compte des enjeux actuels se mettent à douter. Le gouvernement Charest, relayé par une presse et d'autres médias majoritairement complices, semble en tirer des bénéfices électoraux évidents.

Ce déchaînement démagogique biaise un débat qui devrait permettre aux chefs politiques de faire valoir leurs idées, leurs valeurs et leur leadership, et aux citoyens de faire un choix éclairé sur les politiciens les plus à même de diriger le Québec. C'est la démocratie qui sortira meurtrie de cet exercice de démolition. Comme les Romains excités à la vue des chrétiens dévorés par les lions, nous assistons à une joute électorale où tous les coups sont permis, distrayant le bon peuple du bilan peu reluisant du gouvernement actuel et des vrais enjeux de la prochaine élection.

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