Lettres: Clinique privée: le beurre et l'argent du beurre

On apprenait récemment dans l'éditorial de Jean-Robert Sansfaçon («M. Couillard doit intervenir», Le Devoir du 27 janvier 2007), d'une part, la création d'une clinique privée utilisant des avenues illégales pour rentabiliser ses services et, d'autre part, le refus du ministre de la Santé d'intervenir pour faire appliquer les règles de la loi 33. On se rend compte que le gouvernement Charest voulait jouer la carte de la social-démocratie en modérant les retombées du jugement Chaoulli, alors qu'en fait il n'avait aucune intention de légiférer dans la création de cliniques privées.

À quoi bon créer une loi s'il n'y a aucune sanction pour ceux qui y dérogent? S'il n'y avait pas de pénalités importantes pour les excès de vitesse, combien de gens respecteraient les limites imposées sur les autoroutes!?! Le gouvernement a créé la loi 33, il se doit donc de la faire respecter. Les médecins spécialistes qui se créent des cliniques sur mesure en se faisant rémunérer par la RAMQ et en facturant des frais importants aux patients veulent le beurre et l'argent du beurre. S'ils tiennent à sortir du système public, ils le peuvent désormais, au grand dam des défenseurs d'un système équitable et accessible, mais qu'ils respectent les balises imposées par la loi.

Il semble assez naïf de la part du gouvernement de penser que tous les médecins respecteront ces mesures sans un mot, simplement par éthique personnelle. On parle ici d'un système privé, où le profit financier est l'objectif premier, et où donc l'appât du gain peut facilement dépasser la notion d'éthique.

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