Lettres: Le bulletin des écoles

Encore une fois cette année le classement des écoles secondaires du Québec, produit par l'Institut économique de Montréal et l'auguste Fraser Institute, fait les manchettes.

Mais bon, à quoi bon regretter cet exercice devenu annuel? Il existe des classements partout, on croirait un réflexe, on classe tout de nos jours — et si on accepte que les écoles distribuent les bulletins à leurs élèves, pourquoi ne pas les comparer entre elles de façon semblable même si cela n'a aucun bon sens?

Voici ce que je propose: condamnons l'injuste manoeuvre mais améliorons-la. Nous dire comment sont les élèves au sortir du secondaire ne nous dit rien car ces élèves sont encore chez des juniors. Si on veut vraiment faire oeuvre utile, on ne jugera pas l'école secondaire pour ce qu'elle a accompli en secondaire V mais par le comportement de ses finissants lorsqu'ils auront complété les cours du cégep, lorsqu'ils arriveront dans les ligues majeures. Il serait franchement plus utile de savoir comment les petits savants savamment encadrés des écoles qu'on dit les meilleures (et qui ont recruté leurs éléments parmi les meilleurs) se débrouillent dans la jungle des niveaux supérieurs.

Pas sûr que le «ti-cul» d'une école qu'on retrouve aujourd'hui dans le milieu du peloton dans le classement d'aujourd'hui se débrouillera moins bien lorsque viendra le temps de puiser à ses propres ressources, loin de maman-papa et des études dirigées...