Lettres: Pourquoi un recours juridique pour sauver Orford?

SOS Parc Orford annonçait vendredi son appui au dépôt en Cour supérieure de Sherbrooke d'un recours collectif dont le but est de protéger le mont Orford et son parc à la suite de la loi 23 et de l'appel d'offres lancé par le Gouvernement du Québec visant la privatisation et la construction de condos.

Pourquoi ai-je apposé ma signature comme requérant au bas de ce document?

Je l'ai fait avant tout par respect pour les centaines de Québécois et Québécoises qui ont donné de l'argent et des terrains en vue de créer ce Parc. En particulier par respect pour la cosignataire de cette requête, madame Pauline Gravelle, une dame à l'âge vénérable de 88 ans et dont le père, citoyen d'Eastman, avait donné à l'époque 500 $, une somme colossale dans ces temps de grande crise, afin de constituer le territoire original du Parc national du Mont Orford. Cette dame ne se présentera pas devant les médias pour exprimer sa colère face à cette dépossession commise aujourd'hui: mais SOS Parc Orford se solidarise avec nos ancêtres qui ont eu le courage de poser ces gestes essentiels au futur de notre société.

Je l'ai fait également parce qu'en décembre 2003, je faisais un don écologique personnel de la façade ouest du Mont Orford (plus d'un million de pieds carrés entre le lac Orford et le sommet) dans le but de protéger ce milieu naturel exceptionnel. Or, malgré une lettre signée par Pierre Corbeil, ministre des Parcs à l'époque, confirmant une protection perpétuelle de la biodiversité de ce territoire, je me retrouve aujourd'hui avec un appel d'offres qui va consacrer la dévastation du côté est de la montage avec la venue de 750 condos, de commerces, de milliers d'espaces de stationnement. Comment ce géant aux pieds d'argile pourra-t-il résister à un tel assaut: j'ai perdu confiance face à cet engagement et le recours collectif exige essentiellement un dédommagement à la hauteur d'une enveloppe financière qui permettra de créer une fiducie capable de recevoir ce territoire et de le protéger adéquatement pour les générations futures.

Tel a été le sens de mon intervention vendredi et de l'appui reçu de SOS Parc Orford, qui a recueilli au théâtre Granada le 3 décembre à Sherbrooke la somme de 12 000 $, grâce au spectacle bénévole de Clémence DesRochers et de Richard Séguin: cette somme servira essentiellement aux frais judiciaires puisque notre avocat travaille également bénévolement.

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