Lettres: La crédibilité des services publics

Les journaux nous apprenaient cette semaine que la ministre Jérôme-Forget a ridiculisé les employés de l'État lors d'une récente conférence prononcée en Ontario. Le fait n'est pas nouveau, ni surprenant. Plusieurs autres ministres et politiciens, appartenant à tous les partis, l'avaient fait avant elle, et ce, depuis une vingtaine d'années. En plus de ce mépris verbal grossier, il y a celui, plus hypocrite, de certains politiciens flagorneurs, notamment quand il s'agit des travailleurs de la santé et de l'enseignement, auxquels la population est plus sympathique. Il y a aussi celui des gels salariaux et des décrets qui entraînent dans une spirale descendante les conditions de travail des employés de l'État depuis un quart de siècle.

Cette vague de fond de mépris n'est pas sans laisser des séquelles importantes. Elle mine la crédibilité des services publics québécois en entretenant des préjugés tenaces, elle démobilise ceux et celles qui travaillent avec compétence et dévouement auprès de la population québécoise et elle rend les emplois gouvernementaux bien peu attrayants pour les nouveaux diplômés qui seront de plus en plus convoités et auront le choix d'emplois de qualité. Sur ce dernier point, la fonction publique québécoise n'est plus dans la course, et les conséquences à moyen et long terme seront très dommageables.

Quoi que l'on dise ou que l'on fasse pour dénigrer les employés de l'État, ce qui est rentable sur le plan électoral, les gens sensés savent bien qu'une fonction publique compétente, dévouée et reconnue est la meilleure garantie que les citoyens seront respectés et traités avec équité, à l'abri des considérations politiques, partisanes et intéressées des républiques de bananes...