Lettres: L'accablante bêtise de l'«accommodement raisonnable»

Comme il était aisé de le redouter, la nouvelle et ridicule notion de «l'accommodement raisonnable» n'a pas tardé à susciter des situations parfaitement loufoques.

Ainsi, la direction d'une université québécoise n'a pas hésité à transformer une salle de classe en... mosquée, alors que les étudiants musulmans représentent moins de 1 % de l'effectif global et n'avaient pas réclamé eux-mêmes l'usage permanent d'un local. Quid, demain, des hindouistes, des brahmanistes et de nombre d'autres «istes»? Les représentants de certaines minorités religieuses rient dans... leur barbe, si on ose dire, devant la cour empressée que leur font quelques souverains niais parmi les nôtres.

Et si, d'aventure, des étudiants catholiques — il s'en trouve encore —, francophones ou autres, demandaient que l'on transforme une salle en chapelle, que répondrait la direction de l'institution? Sans doute qu'il est indécent, quand on appartient à la majorité traditionnelle, de faire semblable demande. Après tout, la majorité n'a pas à réclamer ce qui n'appartient qu'aux minorités! Quand on est raisonnable, on n'a pas le droit de prétendre à un minimum de fierté et à un certain respect de soi si on appartient ou si on a appartenu à la majorité. Ah! qu'il est doux et réconfortant de se faire accommodant!...

Jean-Marc Léger

Montréal, décembre 2006

L'auteur de cette lettre est membres-fondateurs du tout nouveau Regroupement québécois contre le bruit (RQCB), qui a pour mission centrale de lutter contre la pollution sonore du Québec et pour objectif premier d'améliorer notre qualité de vie.

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