Lettres: La promesse de tenir promesse!

Dans son discours de la victoire, en janvier dernier, le premier ministre Stephen Harper a promis de tenir parole et de respecter les engagements pris par son parti au cours de la campagne électorale. Il a répété que le premier projet de loi de son gouvernement porterait sur l'imputabilité afin de «faire le ménage» à Ottawa. Le 11 avril 2006, son gouvernement a effectivement tenu promesse en déposant la Loi fédérale sur l'imputabilité ainsi que le plan d'action en réponse à son engagement de rendre le gouvernement plus responsable. La Loi fédérale sur la responsabilité a reçu la sanction royale le 12 décembre 2006.

Alors bravo, mais quand on fait la promesse de tenir promesse, peut-on se montrer sélectif? Voilà la question, car durant la campagne électorale, ce même Stephen Harper avait fait une promesse alors bien accueillie. Non seulement le gouvernement conservateur maintiendrait le programme libéral consistant à augmenter le budget de l'aide étrangère de 8 % par an jusqu'en 2010, il y injecterait aussi 425 millions supplémentaires en cinq ans pour contrer la pauvreté extrême.

Qui plus est, dans un communiqué de presse diffusé le 13 janvier 2006, le premier ministre déclarait ceci: «Nous allons inverser un déclin qui dure depuis trop longtemps et atteindre la moyenne de l'OCDE.» On sait que la moyenne des pays membres de l'Organisation de coopération internationale et de développement économiques (OCDE), le groupe des nations les plus nanties, est de 0,42 % du produit national brut. Ce niveau d'aide est supérieur à notre niveau actuel, plutôt gênant, de 0,32 %.

Pendant que, sur la scène internationale, le monde retient son souffle et que les plus pauvres attendent toujours, on ne peut faire autrement que de se demander ceci: M. Harper tiendra-t-il promesse ou se montrera-t-il sélectif avant d'inévitablement croiser le fer au cours des prochains mois avec le nouveau chef libéral, Stéphane Dion? Tiendra-il sa promesse de tenir promesse?

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