Lettres: Les médecins voyous

Les médecins partent en guerre contre la société québécoise qui ne les nourrit pas assez grassement à leur goût. Ils menacent de ne plus faire d'accouchements! Cette manière de mettre le couteau sous la gorge de la population est moralement répugnante. C'est un comportement de voyous.

Quelle déchéance depuis l'époque où le médecin était un personnage phare, à l'avant-garde du progrès social et de la science! Aujourd'hui, on croirait avoir affaire à ces arrogants petits potentats locaux de l'Ancien Régime, nobles et évêques, qui vivaient richement de leurs privilèges au milieu d'une population crevant de faim. Tout leur argumentaire repose sur le fait que les médecins sont mieux payés de l'autre côté des frontières. Rarement voit-on invoqué le fait qu'ils n'en restent pas moins très bien payés, qu'ils touchent en plus toutes sortes de primes frisant le pot de vin de la part des compagnies pharmaceutiques et qu'ils reçoivent des augmentations alors que la plus grande partie de la population n'en finit pas de voir ses revenus diminuer comme peau de chagrin.

La manière de clouer le bec à ces enfants gâtés du système est pourtant simple: puisqu'ils menacent de s'en aller, mettons fin à leur monopole sur la pratique médicale et ouvrons les portes aux médecins étrangers qui voudraient venir pratiquer au Québec et qui ne le peuvent pas parce que leurs compétences ne sont pas reconnues.

Marc Collin

Montréal, le 14 novembre 2006