Lettres: De là à éclipser nos classiques...

Vendredi soir, en regardant nonchalamment la télévision, nous sommes tombés sur l'émission Zone libre, diffusée à Radio-Canada. Le réseau y avait fait un décompte des 50 meilleures chansons québécoises. Les titres se succédaient, nous les commentions. En cinquième position, il y avait la chanson Le Petit Bonheur de Félix Leclerc. Étonnés, nous nous sommes dit que celles qui allaient suivre devaient être de sérieux chefs-d'oeuvre...

Quelle ne fut pas notre surprise de voir apparaître en deuxième position la chanson Seul de Luc Plamondon, interprétée par Garou! Comment peut-on classer une chanson incontournable de la chanson québécoise, écrite par un poète-chanteur-compositeur engagé, en cinquième position, alors qu'une autre, qui n'a pas encore passée à travers le temps et qui est interprétée par quelqu'un que la machine médiatique pousse au plus haut point, se retrouve seconde?

N'allez pas croire que nous, insurgés, sommes des vieux de la vieille, incontestables partisans de Félix Leclerc et autres reliques des années 50. Non, nous sommes plutôt deux jeunes étudiants au bord de la vingtaine, capables d'apprécier ce que les générations précédentes nous ont légué.

Quand nous serons vieux et qu'un jeune groupe de musique reprendra la chanson Seul et que tout le monde en connaîtra les paroles, alors nous reconnaîtrons qu'elle mérite sa deuxième place. Nous savons bien que nous devons encourager nos chanteurs, mais de là à vouloir éclipser nos classiques... Nous ne voulons pas être des détracteurs de Garou, mais il y a des limites à comparer un auteur-compositeur-interprète qui a fait connaître la chanson (et la nation) québécoise à l'étranger à un simple interprète. Lorsque Yves Duteil composera une pièce en l'honneur de Garou, nous reconnaîtrons le bien-fondé de ce palmarès.