Lettres: L'Île d'Orléans et Rabaska

Le reportage de votre collaboratrice à Québec, Isabelle Porter, concernant le projet Rabaska que vous avez publié dans vos pages le 28 octobre dernier, reportage fort bien fait par ailleurs, a malheureusement passé sous silence la vive opposition de la population de l'Île d'Orléans à ce projet.

Cette opposition, qui est à l'origine de la création de l'Association de l'Île d'Orléans contre le port méthanier, s'est manifestée clairement de diverses façons:

- adoption d'une résolution contre Rabaska par le conseil municipal de Saint-Laurent dès le printemps 2005;

- signature d'une pétition anti-Rabaska par près de 75 % des résidants de Sainte-Pétronille;

- sondage de la firme Léger Marketing au début de cette année, sondage commandé par le promoteur lui-même, révélant que 57 % des insulaires ne veulent pas d'un port méthanier situé à un kilomètre de leur territoire.

Voilà donc ce que pense à l'Île d'Orléans la majorité silencieuse, dont la porte-parole de Rabaska, Stéphanie Trudeau, aime tant se réclamer. Évidemment, à la différence de ce que l'on a fait à Lévis, il n'est pas possible à l'Île d'Orléans de dégager une majorité favorable à Rabaska en incluant dans l'échantillon à partir duquel se fait le sondage des répondants vivant à 40 ou 50 kilomètres du site convoité par les marchands de gaz naturel. Il est clair, d'ailleurs, que jamais le promoteur de Rabaska n'osera effectuer un sondage selon les règles de l'art, exclusivement auprès de la population vivant dans un rayon de cinq kilomètres, tant sur la rive sud qu'à l'Île d'Orléans, sur ce qui serait une installation industielle à haut risque pour cette population (industrie classée SEVESO en France).Il sait trop bien que son projet serait massivement rejeté.

Louis Duclos, Sainte-Pétronille, Île d'Orléans, le 6 novembre 2006