Lettres: La marmotte et son ombre

Le recours analogique à la marmotte pour décrire le comportement politique des francophones du Québec est particulièrement instructif. Il est apparu au cours de l'entretien que l'historien Jocelyn Létourneau accordait récemment à Antoine Robitaille du Devoir.

Le petit animal serait un bel exemple de finesse stratégique, multipliant galeries et chambres souterraines pour se donner toutes les chances de survie dans un monde difficile.

Les Canadiens-français d'antan, Québécois de souche d'aujourd'hui, ne seraient pas ces indécis, ces écartelés entre le fédéralisme et l'indépendance qu'on nous décrit. En fait, tout comme leur nouvel emblème totémique, ils seraient d'habiles stratèges, pragmatiques, champions du dérapage contrôlé si les circonstances l'exigent!

Et pourtant, comment oublier que la marmotte se terre, promène constamment un regard inquiet sur son environnement immédiat, cherche son ombre au moindre rayon de soleil?

Ce discours sur la finesse politique des francophones du Québec m'a donné la sensation d'être un malade en phase terminale à qui des visiteurs apportent des encouragements de circonstance, persuadés qu'il ne lui reste que quelques heures à vivre. Et j'ai eu mal!

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Serge Genest, Québec, le 7 novembre 2006

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