Lettres: À propos de La Maison de Bernarda

Dans sa récente critique de la pièce La Maison de Bernarda à la salle Fred-Barry, votre collaboratrice Marie Labrecque affirme ceci: «Écrite sous la dictature franquiste, le texte de Federico García Lorca a conservé toute sa puissance de symbole des régimes répressifs.» Bien que l'idée ne manque pas d'attrait, elle est chronologiquement inexacte.

La Casa de Bernarda Alba a été écrite en très peu de temps en juin 1936, soit un mois à peine avant le soulèvement franquiste contre la République espagnole, le 18 juillet 1936. Le conflit a duré trois ans et s'est terminé au début de 1939 par la victoire des fascistes, grâce notamment à l'aide militaire fournie par Hitler et Mussolini, tandis que la France du Front populaire et l'Angleterre décidaient de ne pas intervenir.

L'écriture de cette pièce précède aussi de quelques semaines la mort de Lorca aux mains des séditieux à Grenade, le 19 août 1936. Il est ainsi devenu une des 8000 victimes du massacre mené dans la ville par les militaires, la phalange, la garde civile et l'«escadron noir» au nom de ce qu'ils qualifiaient eux-mêmes de «croisade catholique».

L'assassinat du poète eut lieu à Fuente Grande, près de Grenade. Ce lieu est aussi connu sous celui d'Ainadamar, soit, en arabe, «la fontaine des larmes».

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Nardo Castillo, Montréal, le 12 novembre 2006

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