Lettres: Et pendant ce temps-là...

Loin de la cohue des médias autour de la conférence sur les Promesses du millénaire, appâtés par le star-système et le «m'as-tu vu aider les pauvres», se tenaient des états généraux sur la coopération et la solidarité internationales, organisés par l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).

Cette association, faut-il le rappeler, a coordonné en 2005 le volet québécois de l'Action mondiale contre la pauvreté, une campagne qui s'est déroulée dans 70 pays. Elle regroupe 53 organisations qui comptent des milliers de coopérants et de stagiaires oeuvrant dans plus de 100 pays. À mon grand étonnement, je n'y ai rencontré aucun journaliste, n'y ai vu aucune caméra et n'ai lu aucun article rapportant cet événement. Plusieurs ont d'ailleurs soulevé le problème des médias qui accordent beaucoup trop de place aux images sensationnalistes et aux événements-spectacles organisés autour des campagnes ponctuelles de financement. Il faut comprendre que dans la logique des groupes de presse, les travaux de l'AQOCI sont moins sexy que Bill Clinton, moins sensationnels que les images de Mia Farrow, moins visibles que la richesse de Belinda Stronach et moins connus que Jeffrey Sachs, apôtre de la mondialisation libérale.

Pourtant, plusieurs des organisations de l'AQOCI qui travaillent sur le terrain et en partenariat avec les pays du Sud ont dénoncé cette forme de mondialisation qui laisse des populations entières dans l'indigence et le désespoir. Dans cette foulée, plusieurs ont réaffirmé leur appui à la construction d'un monde plus juste et à l'économie sociale et solidaire comme solution de rechange à cette libéralisation des marchés. La tenue de ces états généraux, qui visait à dresser un bilan des actions en matière de développement et à dégager des pistes communes de travail, notamment de lutte contre la pauvreté au cours des prochaines années, aurait pu faire l'objet d'un dossier spécial, d'un reportage ou au moins d'un compte rendu! [...]

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Jean Murdock