Lettres: «Je ne suis pas en guerre contre le YMCA»

Je suis à l'origine de la pétition qui circule parmi les membres du YMCA du Parc, dont a eu vent une journaliste qui s'y entraîne.

Je précise d'abord que je ne suis pas «en guerre contre le YMCA», comme je l'ai lu et entendu, mais contre les intégrismes et leur misogynie, et contre notre tendance à leur céder du terrain. La demande de voiler nos fenêtres serait venue d'un groupe de «pure laine» intégristes cathos ou membres d'une secte, notre réaction aurait été la même. (Pour ce qui est de celle des médias, cependant, je ne sais.)

Je ne crois pas qu'il faille éviter les débats de peur qu'ils engendrent des propos déplacés, grossiers, voire racistes. Mais je dois rappeler que «hassidim» n'est pas synonyme de juif (au moins 90 % des juifs ne sont pas des hassidim). Que les hassidim ne sont plus des immigrés, puisqu'ils sont parmi nous depuis plusieurs générations. Que, parmi les immigrés, très peu sont des intégristes. Enfin, que le YMCA, s'il a fait, à notre avis, une erreur, reste une institution qui mérite notre estime à tous.

Dans les années 1950, les intégristes, c'était nous — je me souviens d'une scène très violente où les bonnes soeurs ont sorti de ma classe un petit garçon après avoir appris qu'il n'était pas baptisé. On doit se rappeler ce passé et agir afin de préserver la mixité, la laïcité, l'égalité, chèrement acquises et encore imparfaites.

Renée Lavaillante

Montréal, le 10 novembre 2006