Lettres: Vive déception

Nous avons pris connaissance de la décision de l'administration du YMCA du Parc de givrer les fenêtres de la salle d'entraînement et souhaitons signifier notre profond désaccord. Cet organisme a semble-t-il choisi d'accéder à la demande de membres d'une communauté religieuse choqués d'entrevoir des hommes et des femmes lors de leur entraînement physique.

Voici les raisons qui fondent notre vive déception. Premièrement, le Y se veut un lieu inclusif. Or il va de soi que cette décision ne relève manifestement pas d'une attitude respectueuse des différences culturelles mais bien de l'acceptation tacite d'un cloisonnement culturel, cloisonnement qui, en l'espèce, n'est pas que symbolique: il est physique! En ce sens, elle participe d'un ségrégationnisme que nous honnissons tous.

Deuxièmement, cette décision nous apparaît injuste. En effet, ayant fréquenté la salle de musculation pendant plusieurs années, il nous semble évident que le fait de givrer les vitres prive les membres du YMCA d'une vue agréable sur les rues du Parc et Saint-Viateur. De quel droit des revendications aussi peu légitimes devraient-elles primer sur les droits normaux de l'ensemble des membres du YMCA?

Troisièmement, la décision nous apparaît ridicule du fait évident que les fenêtres, étant situées au quatrième étage de l'édifice, n'imposent à personne d'y regarder, bien au contraire! Faudrait-il givrer les fenêtres qui surplombent la piscine, à l'intérieur du centre?

Nous avons longtemps été membres du YMCA du Parc et éprouvons un certain attachement à cette institution. Notre déception en est donc d'autant plus forte. En conséquence, nous demandons à l'administration du YMCA du Parc de bien vouloir réexaminer sa décision à la lumière de l'avis des membres.

Philippe Dumaine
Melissa Jean-Brousseau