Lettres: Une nationalisation non souhaitable

La nationalisation de l'éolien n'est pas appropriée pour au moins trois raisons. Premièrement, elle aboutirait à la centralisation et au monopole étatiques. À l'opposé, une saine gestion repose sur le principe de subsidiarité, selon lequel un niveau supérieur d'intervention ne doit pas se substituer à un niveau inférieur quand ce dernier a la capacité d'accomplir la tâche. C'est cette même logique qui a présidé à la nationalisation de l'électricité: le secteur privé ne pouvait assumer les investissements exigés par la construction des grands barrages. Ce n'est pas le cas de l'exploitation de l'énergie éolienne, pour laquelle le secteur privé a la capacité d'acquérir l'expertise nécessaire.

L'État a sa mission propre; et il en a déjà plein les bras. Qui trop embrasse mal étreint! L'énorme faillite financière de la filiale Nevestor d'Hydro-Québec en offre un exemple récent et éloquent.

Deuxièmement, comme l'a indiqué le BAPE, il y a bien d'autres façons d'assurer à la fois un développement intégré de l'éolien et des revenus importants pour le Québec. Troisièmement, les coûts de l'énergie éolienne qui pèseraient des consommateurs sont à mettre en parallèle avec les coûts élevés du vin que nous vend la SAQ. Ces coûts s'expliquent, outre par les taxes prélevées par le Trésor québécois, par la négligence habituelle de l'administration publique et par un excédent de personnel qui a trop souvent peu à faire.

Le consommateur sera donc gagnant si le secteur privé exploite l'énergie éolienne et si on laisse jouer la concurrence.

***

Gérard Lévesque, Lévis, le 31 octobre 2006

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.