Lettres: Vocabulaire politique

Deux mots viennent de s'ajouter à notre vocabulaire politique. Le premier est «silo», comme dans la phrase suivante: «Nous devons cessez de travailler en silos et nous assurer de maximiser la synergie de nos diverses expertises; ainsi, nous pourrons livrer notre produit clef en main.»

Ce mot rappelle celui de «grappe», utilisé par Gérald Tremblay alors qu'il était ministre de l'Industrie. Nous avions alors droit à des phrases comme celle-ci: «Nous devons nous assurer que les acteurs de la grappe culturelle et ceux de la grappe des communications se concertent si nous voulons attacher correctement ce dossier.»

Dans un autre registre, grâce à André Boisclair, le verbe «entuber» vient de se faufiler dans le nouveau vocabulaire de l'Assemblée nationale. Ce mot me rappelle l'ancien ministre Guy Chevrette, qui nous répétait régulièrement que le peuple québécois se faisait «flouer».

Ces deux mots ont l'avantage d'être imagés. Ainsi, lorsqu'un politicien dira qu'il faut cesser de se faire flouer ou entuber, nous saurons exactement de quoi il cause.

Personne ne pourra reprocher à nos élus de ne pas avoir un vocabulaire coloré. Allez, messieurs dames, continuez à nous surprendre, ça nous changera du débat constitutionnel qui, ma foi, peut parfois être légèrement constipant.

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Jean Chenay, Sherbrooke, le 3 novembre 2006