Lettre: Environnement, en faire mais pas trop

Le ministre fédéral de l'Environnement, David Anderson, vient enfin de déposer son plan d'action pour la mise en application du protocole de Kyoto.

Un pas dans la bonne direction semble-t-il? Je dirais plutôt une autre preuve que le fédéral ne sait pas comment aborder l'environnement. En effet, il n'est prévu, selon ce plan, aucune reconnaissance pour les entreprises ayant décidé de prendre de l'avance en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Selon le ministre Anderson, puisque ces entreprises profitent déjà des bénéfices de l'augmentation de leur efficacité énergétique, il ne faudrait pas maintenant leur demander d'en faire moins que celles qui n'ont pas encore commencé à réduire leurs émissions. C'est pourtant étrange comme l'argument du ministre détonne de celui utilisé il n'y a pas si longtemps par l'Alberta voulant que le protocole de Kyoto soit coûteux pour les entreprises. Une fois c'est trop coûteux pour l'appliquer, l'autre fois c'est trop rentable pour récompenser ceux qui l'appliquent! Chose certaine, en refusant de reconnaître les actions déjà entreprises pour réduire les GES, le fédéral ne fait rien pour que l'action environnementale devienne un choix civil ou corporatif. L'environnement est encore une fois de plus relégué au second rang et la proaction environnementale aux oubliettes.