Lettre: Fusions, où est passée l'équité?

M. André Boisclair, ministre des Affaires municipales

Il y a un an, des élections portaient au pouvoir les administrations des nouvelles villes issues des fusions édictées par votre gouvernement. Alors que l'équité fiscale et l'égalité d'accès aux services étaient une des motivations de votre gouvernement dans ces fusions, le bilan sur ce plan est plus que mince. Pire, les perspectives ne sont guère meilleures.

À Montréal, les arrondissements de l'ancienne ville de Montréal sont toujours aussi défavorisés sur le plan budgétaire et sont incapables d'offrir un accès égal aux services des anciennes autres villes de l'île, que ce soit pour des bibliothèques, des sports et loisirs, de l'entretien routier, etc.

La fusion devait, selon les projections du ministère des Affaires municipales, entraîner une baisse du fardeau fiscal dans l'ancienne ville et augmenter celui des autres arrondissements.

Est-ce parce que l'équipe élue provient de la banlieue, parce que la demande de cette équité n'a pas été suffisamment portée par le milieu et par l'opposition? Toujours est-il que le transfert de richesse n'a pas eu lieu et ne semble pas poindre, ni par un transfert significatif des budgets, ni par une harmonisation des comptes de taxes.

Le fonds de péréquation que l'administration Tremblay a créé ne règle rien et est même scandaleux eu égard aux besoins.

Pour certains, les fusions sont réussies: la bibliothèque de Westmount offre toujours deux fois plus d'heures d'ouverture que celles de Rosemont ou de Hochelaga, les rues sont toujours aussi bien entretenues à Dorval, etc. Business as usual. Mais a-t-on fait tous ces débats et ces lois pour en arriver au statu quo?

Sans prendre la place des administrations municipales, le gouvernement du Québec doit intervenir pour corriger le tir si les mécanismes mis en place par les fusions ne garantissent pas l'égalité d'accès aux services municipaux et l'équité fiscale.