Lettre: Une entrave au commerce électronique

Samedi dernier, un article de François Huot faisait état du retard du Québec dans le domaine du commerce électronique («Technologies de l'information - Le grand écart québécois», Le Devoir, les 19 et 20 octobre 2002). Permettez-moi de signaler une des causes de cet état de fait.

Je suis manufacturier, faisant affaire dans toute l'Amérique du Nord, mon chiffre d'affaires aux États-Unis représentant 80 % du total. 90 % de mes contact avec mes clients se font par courrier électronique. Pourtant, mes clients américains doivent encore me payer par chèque, (en $US) expédiés par la poste, que je dépose dans un compte en dollars américains à la Caisse populaire.

J'aimerais obtenir un terminal de carte de crédit qui permettrait à mes clients de me payer par Internet. Bien sûr, j'aimerais que les dollars américains qui me sont versés soient crédités directement dans ce compte en $US. C'est impossible: le système actuel ne peut me créditer que des dollars canadiens, prélevant au passage une commission de change de l'ordre de 3 %. Si je dois par la suite payer des fournisseurs américains, il me faudra acheter de nouveau des dollars US, payant une autre commission de change de 3 %. Ajoutée à la commission normale d'environ 5 % versée pour l'utilisation de la carte, le coût du paiement électronique peut donc atteindre 11 % lorsqu'on fait affaire aux États-Unis.

J'ai signalé cette aberration au service marchand de Visa-Desjardins il y a déjà deux ans, réclamant que les dollars américains collectés par Visa puissent être crédités dans un compte en dollars US, arguant que si c'est possible avec les chèques, ce devrait l'être également pour un terminal de carte de crédit. On m'a répondu que c'était impossible. J'ai récidivé il y a un an: même réponse. Soit dit en passant, la commission de change prélevée par Visa-Desjardins est deux fois plus élevée que celle qu'il me faut payer lorsque je fais appel à un concurrent.