Lettre: Des frileux maniérés

Mme Odile Tremblay mentionnait dans son récent article sur le dérangement que provoquerait l'affiche du film Le Nèg' que la directrice générale du FCRR, Mme Mock «admet que le film est réputé antiraciste, mais considère sa présentation visuelle choquante et inacceptable [je souligne] pour la communauté noire».

Personnellement, si je m'appelais Mock (ou Morin) j'aurais d'abord pouffé de rire, puis répondu: admettons que Mock est ma présentation visuelle et que tous admettent que je suis reconnue comme une personne qui n'est pas moqueuse. Devrais-je changer de nom parce que la Ligue Anti-Moquerie pense que mon nom ne semble pas approprié?

Ne serait-il pas temps de clouer le bec à ces frileux maniérés qui rappellent platement l'Inquisition et aux aculturés qui les soutiennent qu'une oeuvre possède d'office une licence, sinon un droit, de libre expression due à tout citoyen vivant en démocratie?

Mme Karen Mock a sans doute obtenu son poste pour son talent à marcher sur des oeufs, mais elle oublie que le bon sens doit conserver sa place. Ce n'est pas tout de se défendre contre les abus, il faut aussi ne pas oublier qu'il n'y a pas d'abus partout.

Si nous sommes appelés à vivre dans une société à ce point aveugle et policée que toute forme de second degré dépassant l'annonce de Chrysler soit censurée, j'ai peine à croire qu'on puisse contribuer à régler les vrais problèmes qui nous assiègent. Rappelons-nous seulement le trouble qu'a eu Yvon Deschamps avec le premier degré. Un peu de distance et de discernement s'il vous plaît.