Lettres: Un oubli sur le gouvernement Harper

Tout ce qu'affirme Gil Courtemanche dans son billet du 8 octobre dernier, intitulé «Attention, gouvernement dangereux!», est rigoureusement vrai. Il a cependant oublié une boutonnière essentielle de la chape d'ignorance et d'obscurantisme qui s'est abattue sur le Canada depuis l'élection du gouvernement conservateur de Stephen Harper, à savoir la «réforme» du droit criminel.

Le droit criminel est le seul sujet politique que tout citoyen ayant le droit de vote puisse étudier hors de toute propagande. Une simple recherche par Internet avec les mots «criminalité au Canada» lui révélera que l'affirmation des ténors conservateurs selon laquelle la criminalité augmente au Canada est un grossier mensonge. Peines d'adulte pour des jeunes de 14 ans ayant commis «un crime grave», par exemple un meurtre (comme s'il était possible de comprendre la valeur de la vie humaine sans avoir un peu vécu!); hausse à 16 ans du consentement à l'acte sexuel (phobie puritaine s'il en est une); prison à perpétuité pour une troisièmement condamnation (à la casse, la machine détraquée!); peine minimale de prison ferme pour certains crimes (exeunt, 40 ans de rapports pré-sentenciels!).

Nul doute que le rétablissement de la peine de mort (dont l'abolition est une condition à l'entrée dans l'Union européenne) est dans les cartons secrets de Vic Toews, ministre de la Justice de M. Harper. Tout cela n'est que fondamentalisme biblique et puritanisme importé du sud des États-Unis, le tout baignant dans l'obsession de la sécurité, le seul besoin humain qui ne puisse être assouvi par un cadre juridique et punitif.

Gil Courtemanche se désespère que «personne n'ait encore sonné l'alarme». Moi aussi. Peut-être M. Courtemanche aura-t-il «sonné le tocsin» contre la menace qui pèse sur notre société sereine, pluraliste et tolérante, entraînant un réveil des consciences des leaders d'opinion et des chroniqueurs? Mais tout l'embarras est que c'est un tocsin à plusieurs notes...

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