Lettres: Dawson : une société désarmée

L'écho de la fusillade du Collège Dawson n'a pas fini de retentir. Les étudiants sont retournés en classe après que les funérailles de leur camarade abattue ont rassemblé plusieurs d'entre eux autour des parents et des amis. Les témoignages étaient émouvants, la couleur rose de certains vêtements, portée en hommage à la personnalité de la victime, tranchant sur le noir du deuil. «Elle reste vivante dans nos coeurs», disait un élégant jeune homme noir à la cravate fuchsia. Cet accès à l'immortalité est souvent le seul qui nous soit donné; il faut avoir la sagesse de s'y arrêter, mais y accéder si jeune et de façon si brutale est horrible.

[...] Les parents du tueur doivent porter un poids insupportable... Comment leur enfant s'est-il transformé en quelques années en soldat fou, sans ennemi réel mais en guerre contre le monde entier? La société soutient-elle assez les parents dans l'éducation de citoyens équilibrés?

Autre question touchant notre responsabilité collective: pourquoi laissons-nous quiconque en a la fantaisie acheter des armes qui n'ont aucun usage justifiable? Nous vivons dans un «pays libre», dit-on. Liberté, liberté... Que de crimes commis au nom d'une liberté mal comprise! Dès qu'un citoyen possède une arme, il s'arroge un droit de vie et de mort sur ses voisins, abusant totalement de la liberté que lui donne une société confiante. Il faut aller au-delà du débat sur le registre des armes à feu et établir fermement un principe de désarmement systématique. [...]

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