Lettres: Colonisé et colonisateur

Chaque fois qu'un Canadien anglais dénigre les Québécois, plusieurs médias s'empressent d'affirmer que le Canada anglais ne pense pas comme ça. Ce serait un cas isolé. Cherry, Francis, Kay, Wong, et les autres, tous des cas isolés? Je veux bien. Il n'existe aucun sondage pour appuyer cette prétention ni pour l'infirmer.

Mais quand ce genre d'infamie se produit, il y a un baromètre qui pourrait nous indiquer ce que pense vraiment le Canada anglais des Québécois: ce sont les médias anglais. Il n'y a pas eu de tollé dans les médias anglais pour condamner Wong. Qui ne dit mot consent. Les silences, les omissions sont souvent aussi graves que les insultes elles-mêmes.

Et surtout, ce n'est pas la première fois. Est-ce que les médias anglais ont condamné les Cherry, Francis, Kay et Wong? Les Canadiens anglais ont même élu Cherry comme une grande personnalité canadienne. Est-ce que les médias anglais se sont portés à la défense de Levine, de Monfort? Ont-ils condamné les fanatiques qui s'opposent au bilinguisme? Ceux qui ont marché sur le drapeau québécois?

Pendant ce temps, au Québec, on a crucifié sur la place publique les Parizeau et Michaud. On a forcé Jean-Louis Roux à démissionner pour une blague de jeunesse.

Comment expliquer ce contraste sinon par le complexe du colonisé et du colonisateur. Le colonisateur dénigre ses colonisés. Les Britanniques ont dénigré pendant des siècles les Irlandais, les Écossais, les aborigènes, les Boers, les Maoris, les Amérindiens, etc., et les Québécois au Canada sont dénigrés depuis longtemps. Le colonisateur ne s'excuse pas, ne démissionne pas. Le colonisé se dénigre lui-même, s'excuse et démissionne.

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