Lettres: La consommation de drames, c'est assez

Sans arrêt des images reviennent en boucle. Des images, encore des images, il y a un drame qui se déroule, là, à Montréal, au Québec, eh oui, chez nous. On en parle, on diffuse, ça n'arrête pas, on essaie d'en faire un sujet, une préoccupation sociale, un problème chez nos jeunes (hommes) en particulier. On s'interroge en présence de quelques spécialistes sur le vif.

Arrêtons. Arrêtons-nous de gober ces images, ces commentaires spontanés, toujours en direct, afin d'attirer les spectateurs et alimenter les chaînes d'informations spécialisées. La consommation de drames, c'est assez. Cessons de considérer les témoins, les acteurs de ces événements comme des vedettes. Identiquement, les annonces publicitaires parviennent à contrôler nos besoins et nos émotions. Nous consommons des annonces au lieu de l'information.

Nous manquons de retenue devant des drames semblables. Ce n'est pas de la fiction, c'est du réel, et nous en voulons toujours plus. La dose est indigeste et n'apporte que du désarroi vécu en direct. Par respect pour les victimes, pouvons-nous cesser de nous comporter comme des voyeurs. Oui, je veux de l'information, mais je demande que l'on cesse de nous cribler d'images et de commentaires sans jamais nous inciter à la réflexion. Nous n'avons pas besoin de savoir à la seconde près le déroulement des drames. Laissons les intervenants contenir la situation, sécuriser les lieux, simplement faire leur travail.

Concentrons-nous sur ce que nous pouvons changer ou améliorer en tant qu'individu dans une société sous l'influence de la consommation à tout prix. Parents, enfants et travailleurs, nous pouvons faire de petits gestes au quotidien pour changer ou améliorer les choses. Nous avons droit au chapitre de la vie qui nous entoure.

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