Lettres: Le retrait du sage

On ne peut que rendre hommage au professeur Georges Leroux, une des grandes figures philosophiques au Québec, qui a récemment donné son dernier cours à l'UQAM après plus de 37 ans d'enseignement et d'intellectualisme engagé dans sa société.

Tous ceux qui ont la chance de le connaître savent à quel point il est désireux de débattre des problèmes contemporains en s'inspirant de penseurs comme Platon, Plotin, Patocka, Klibansky, Foucault ou Arendt. C'était d'ailleurs toujours dans le feu de l'action qu'il fallait prendre toute la mesure de l'homme; on voyait alors un magicien qui, à chaque occasion, réussissait à délier les noeuds de la pensée tout en y insufflant une vie nouvelle. Fin renard (polymethis, tel Ulysse), inspirant, érudit, généreux et aimé de ses étudiants (lauréat d'un prix pour la qualité de son enseignement), il était surtout, lorsque les maîtres de sagesse se font encore plus rares que les véritables savants, le philosophe qui — comme les penseurs grecs depuis Socrate, qui demeurent pour nous si vivants grâce à lui — défendait la sophrosunè antique au coeur de la cité, la sagesse par laquelle le natal grec devait parler.

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