Lettre: Pourquoi tant de chichis?

Je ne saisis pas très bien pourquoi on fait un tel chichi avec les régimes à deux vitesses. Me semble que depuis longtemps, ceux qui en ont les moyens voyagent dans nos avions, dans la classe de leur choix. D'autres vont dans les collèges et les cliniques de leur choix. On exploite son petit Hydro-Québec local.

La solution simple à adopter pour rendre tout le monde heureux, c'est de taxer légèrement ceux qui ont les moyens de passer avant les autres, afin d'aider ceux qui devront attendre leur tour à le faire moins longtemps. Dans une société généreuse comme la nôtre, les riches seront heureux de continuer d'exercer leurs privilèges et de participer à améliorer le sort de ceux qui n'ont que des devoirs à accomplir. Il pourrait même y avoir une troisième vitesse pour les plus riches qui seront fiers d'être taxés deux fois.

«La liberté trouve sa limite dans la nature même de l'objet possédé.» Un mot clair de Goeorg Simmel, à la page 401 de la Philosophie de l'argent. Un auteur que nous ne lisons pas assez. «De graves insolvabilités en Argentine pèsent sur le cours de la rente chinoise», disait-il en 1900.

À cette époque, le rêve du plus convaincu des capitalistes, était d'exploiter sa chance et ses talents dans la plus grande paix possible et faire en sorte que tous les hommes puissent se sentir, tout autour, des petits capitalistes heureux. Ça n'a pas changé. Le Québec qui se cherche un bonheur collectif s'en va vers ça.