Lettres: Stephen Harper et un Canada multinational

Il me semblait que Stephen Harper avait déjà affirmé que le Québec était un peuple ou une nation. De mémoire, je savais qu'il avait aussi dit lors d'un débat télévisé qu'il appartenait aux Québécois de se définir, laissant entendre par là qu'il ne voulait pas s'en mêler. Mais le tout semble maintenant plus clair depuis sa déclaration du 23 juin à la Citadelle de Québec.

Le premier ministre me semble avoir commis deux graves erreurs. La première, c'est de nier un fait, à savoir que le Québec est un peuple ou une nation. Le principe de réalité ne doit-il pas faire partie de toute politique responsable et sérieuse? Sa deuxième erreur, peut-être la plus significative, est de ne pas saisir l'importance de la notion de reconnaissance. Sur le plan tant individuel que collectif, celle-ci est capitale pour de bons rapports politiques et sociaux. Tout comme une personne, un État cherche à être reconnu pour ce qu'il est, sinon il se sent exclu, méprisé. De la psychologie élémentaire, hélas souvent oubliée ou volontairement mise de côté.

Cette reconnaissance doit venir de l'autre, en l'occurrence le Canada anglais, que le premier ministre représente, entre autres, en raison de sa fonction même. Cette reconnaissance pourrait aussi provenir des autres premiers ministres provinciaux. Enfin, il faudra bien un jour que la Constitution reconnaisse que le Canada est un peuple formé non seulement de ses citoyens mais aussi de plusieurs nations, dont les nations québécoise, acadienne, autochtones et métis.

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