Lettres: Une décision précipitée

Le gouvernement Harper a envoyé un dangereux message en coupant l'aide accordé à l'Autorité palestinienne à la suite de l'assermentation du nouveau gouvernement dirigé par le Hamas. Ottawa a également décidé d'interrompre tout contact avec ce gouvernement. À toutes les «démocraties émergentes», le Canada dit clairement: «Organisez des élections libres, mais si le parti que vous portez au pouvoir ne nous plaît pas, vous serez punies!» Les Palestiniens se sont comportés de façon exemplaire lors des dernières élections législatives. Malgré l'occupation et l'oppression qu'ils subissent, ils ont alors fait figure de modèle pour bien des pays de cette région. Et c'est ainsi que nous les appuyons dans leurs efforts et leur démarche?

Évidemment, les méthodes et le programme du Hamas sont contestables et doivent être dénoncés quand il se doit. C'est autre chose de punir un État, le privant de fonds nécessaires pour remplir sa mission de reconstruction de la Palestine, que ce soit au chapitre du système de santé, de l'éducation, des infrastructures, de l'emploi, etc. En quoi saper les maigres ressources de l'État palestinien va-t-il améliorer les possibilités d'instaurer une paix réelle, ou à court terme un climat plus propice pour des négociations?

Avec cette décision précipitée et intransigeante, le Canada vient de ternir sa réputation et de miner sa crédibilité dans le monde.

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